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Beige Habilleur, le summum du chic masculin

Flashback. En 2015, Basile Khadiry et Jean-Baptiste Ménestrier fondent Beige Habilleur, une boutique en ligne dédiée au vestiaire masculin haut de gamme qui réunit des marques françaises et internationales partageant la même passion du vêtement bien fait. Trois ans après le lancement de l’e-shop, les fondateurs ouvrent leur première boutique physique au 83 rue Chardon-Lagache.

Par une belle matinée ensoleillée, nous avons donné rendez-vous à Basile dans un café pour qu’il nous parle de son métier et de ses marques fétiches.

Basile, d’où viens-tu ?
Je suis né d’un père marocain et d’une mère française. J’ai grandi à Alençon puis j’ai suivi des études de commerce à Paris avant de travailler dans plusieurs maisons de luxe. Avec mon associé et ami Jean-Baptiste, nous avions repéré des sociétés de confection extraordinaires qui façonnent et fabriquent à l’ancienne des vêtements de haute qualité. Ces marques confidentielles situées au Japon, en Ecosse ou dans les Pouilles en Italie, étaient introuvables en France. A moins d’être férus de mode comme nous, il était difficile de les dénicher. C’est en rêvant à une boutique qui aurait réuni toutes ces pépites que nous l’avons dessinée peu à peu… puis fonder !

Aujourd’hui, Beige Habilleur réunit cinquante marques. Comment sont-elles sélectionnées ?
Ce sont des maisons historiques ou émergentes, françaises, italiennes, britanniques, japonaises ou américaines qui ont toutes en commun la même culture du vêtement bien conçu et fabriqué avec de belles matières. Chez Beige Habilleur, nous aimons les pièces intemporelles, les basiques qui durent dans le temps, ne s’abîment pas mais se patinent joliment. Ce sont des pièces classiques mais pas surannées qui ont chacune une touche d’originalité, dans le détail d’un col ou la doublure d’une veste. Enfin, ce sont des vêtements chics et décontractés que vous pouvez porter en toutes occasions, à la campagne comme à un déjeuner d’affaires ou à un cocktail select, sans dénoter.

Peux-tu citer trois marques qui incarnent parfaitement le style Beige Habilleur ?
C’est une question difficile car les pièces que nous sélectionnons dans les différentes collections matchent toutes entre elles et créent un ensemble cohérent qui fait notre singularité. Mais j’évoquerai :

Camoshita United Arrow, fondée en 2007. Yasuto Kamoshita a participé à la naissance en 1989 d’un des meilleurs concept-store au monde – le magasin japonais United Arrow – dont il a été le directeur de création. Très exigeant sur la qualité de fabrication des vêtements, il a perfectionné sa technique à Florence auprès du célèbre tailleur Antonio Liverano. Cette maîtrise pointue se ressent aujourd’hui dans l’attention qu’il porte à la construction des pièces, à l’équilibre des lignes et à chaque détail. S’inspirant des icônes des sixties et des uniformes de l’ivy league, il a transformé le menswear japonais en lui insufflant un style très élégant.

Cohérence. Encore une marque japonaise, fondée par Kentaro Nakagomi. Passionné par le Surréalisme et la musique jazz, le styliste réalise des pardessus d’exception à la fois classiques dans leur style et contemporains dans leur conception. Ses créations s’inspirent d’artistes et d’intellectuels légendaires, tels Albert Camus, Le Corbusier, Marcel Duchamp, Léonard Foujita, à qui il rend hommage en dévoilant des collections d’un haut niveau de confection, et avec un sens du détail remarquable : boutons en corne véritable, doublure basée sur les rayures horizontales des chemises de Jean Cocteau…

Husbands, un label fondé à Paris par Nicolas Gabard, qui cultive le goût des belles coupes et des matières nobles. Les vestes, costumes et manteaux Husbands sont conçus en France, entoilés et montés à la main à Naples, avec des tissus provenant de petites filatures artisanales britanniques. La marque incarne l’élégance parisienne qui se nourrit des meilleurs savoir-faire pour inventer son propre style, reconnaissable entre tous.

Les pièces que tu aimes porter ?
Les chemises G. Inglese, entièrement faites à la main en Italie, dans des tissus de grandes qualités et dont la réalisation requiert vingt-trois étapes de fabrication et plus de vingt heures de travail. G.Inglese est une entreprise familiale fondée en 1955, à Ginosa, dans les Pouilles. Elle est dirigée par Angelo Inglese qui perpétue un savoir-faire historique. Pour l’anecdote, les employées de l’atelier travaillent encore sur des machines Singer à pédale traditionnelles !

Le vêtement iconique à découvrir ?
La Teba jacket, créée par la maison Justo Gimeno. Celle-ci est née en 1885 à Zaragova en Espagne. Dans son atelier, Justo Gimeno confectionnait à l’époque des vêtements de haute facture pour la chasse et la campagne. La toute première veste Teba fut conçue pour le Roi Alphonse XIII d’Espagne. Etant un grand chasseur, il affectionnait tellement ce vêtement confortable qu’il en fit cadeau à son ami et partenaire de chasse le Comte de Teba. Dès lors, la veste prit le nom de son nouveau propriétaire. Les grands tailleurs espagnols s’inspirèrent par la suite de ce vêtement pour lui donner sa forme actuelle, à mi-chemin entre la veste et la surchemise. C’est à mes yeux le vêtement « casual » par excellence et nous sommes très fiers de la présenter.

Côtés souliers et accessoires, trois maisons à connaître ?
Les cravates Drake’s, faites main à Londres depuis 1977 par le plus important façonnier de cravates du Royaume-Uni.
Les baskets Doek, fabriquées depuis 140 ans dans le même atelier à Kurume au Japon ; des chaussures de sport à la fois simples et fonctionnelles qui mettent en valeur la beauté des tissus utilisés.
Les lunettes François Pinton. C’est l’un des plus grands lunetiers français, le créateur des célèbres montures « Ona » dessinées pour Aristote Onassis, et des mythiques modèles portés par Cary Grant ou encore Grace Kelly.

Ta culture du vêtement est impressionnante. Il faut être initié ?
Il faut surtout aimer les belles matières, être soucieux de son élégance et s’intéresser un tant soit peu à la confection d’un habit. Comme on regarde aujourd’hui les étiquettes des produits alimentaires pour connaître leur provenance, on peut aussi regarder les étiquettes des vêtements pour savoir où ils sont fabriqués, avec quelles matières, se connecter sur le site internet des maisons pour connaître leur histoire et leur savoir-faire. Rechercher la qualité a un coût mais les clients s’y retrouvent au final. Il vaut mieux acheter quelques pièces de belle facture que vous allez porter longtemps que des dizaines de vêtements mass market qui vont durer une saison.

Beige Habilleur partage sa boutique avec Kd Presse, le spécialiste de la presse indépendante et haut de gamme. Deux univers complémentaires ?
Oui, nous partageons le même goût pour les matières, les créations soignées, élégantes et contemporaines. Avant de rencontrer Eric Namont grâce à Franck Durand, à la tête du magazine Holiday et de la marque Holiday Boileau, j’étais déjà un grand consommateur de magazines. Cela fait des années que je nourris ma culture du vêtement et le plaisir de découvrir des marques en lisant des revues de mode japonaises ou internationales comme Clutch, 2nd, Rake, Mens’club… La seule différence aujourd’hui ? Avant je les commandais sur internet ; maintenant, je peux les bouquiner tranquille à la boutique ! (rires).

Travailler dans le 16ème, c’est sympa ?
Le quartier Boileau est un petit village où tout le monde se connaît. Mon ami Franck Audoux, fondateur de Cravan, dit de son bar qu’il est « une destination ». Il en est de même pour Beige Habilleur. Il faut parfois traverser Paris pour venir jusqu’à nous, mais c’est ce qui fait le charme de notre boutique, située hors des chemins balisés de la mode. Les parisiens se déplacent volontiers. Nous avons également une belle clientèle internationale et accueillons de nombreux provinciaux qui font souvent le voyage spécialement pour se rendre à la boutique et renouveler leur vestiaire chez Beige Habilleur avec de bons basiques qu’ils porteront en ville comme à la campagne.

Beige Habilleur
83 Rue Chardon Lagache
75016 Paris
www.beige-habilleur.com


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