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Buzy, la rockeuse revient avec un nouvel album

Cela fait plus de 30 ans que la chanteuse Buzy habite dans le seizième, d’abord du côté d’Exelmans puis à Passy. Auteur-compositeur-interprète, l’égérie pop qui enchaînait les tubes dans les années 80 (Body Physical, Baby Boum, Adrian…) n’a jamais cessé de composer des albums rock. Après l’ovni Borderlove composé avec ses amis Daniel Darc et Jay Alanski (l’un des meilleurs albums de rock féminin des 15 dernières années), l’album Tous Buzy, hommage de 15 jeunes artistes de la scène indépendante (Puss In Boots, Elliot, Clarika…) qui se sont réappropriés les titres emblématiques de la chanteuse et l’album Au Bon Moment Au Bon Endroit, Buzy sort un nouvel opus : Cheval Fou.

Buzy, cela fait des décennies que tu sors des albums, plus ou moins espacés dans le temps. Tes fans sont toujours aussi nombreux ?
Oui, j’ai toujours été une chanteuse de rock. Mon public me suit depuis des années et reste très fidèle. Ce qu’il aime ? Le fait que je ne me sois jamais perdue sur des plateaux type « stars des années 80 ». Même si ces tournées musicales sont sympas et font découvrir les tubes de cette époque insouciante et magique, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Je suis une rockeuse « pure et dure » qui ne sait pas faire de concession.

Tu as aussi un autre métier ?
Je suis psychothérapeute depuis plus de 10 ans. Mon appartement à Passy est séparé en deux : une partie privée et l’autre où je reçois mes patients. A 19 ans, j’ai quitté la Nièvre où j’ai grandi pour suivre des études de psychologie et de médecine à Paris, puis la musique m’a happée. C’est seulement il y a douze ans que je suis devenue thérapeute et que j’ai ouvert mon cabinet.

Comment tout a commencé dans la musique ?
Parallèlement à mes études à la faculté de médecine, je prenais des cours de claquettes. Très vite, je suis devenue prof moi-même, et j’ai répondu un jour à une petite annonce pour jouer dans la comédie musicale The Rocky Horror Picture Show. Au début, je ne faisais que danser puis la production m’a demandé de chanter ! J’ai dû apprendre et comme je joue du piano et j’adore écrire, j’ai commencé à composer. Cela a donné Dyslexique puis tout s’est enchaîné avec l’album Insomnies, les tubes Dyslexique, Adrian, Body Physical et ma collaboration avec Serge Gainsbourg sur I love you Lulu.

A l’époque, tu vendais plus de 500000 albums. Aujourd’hui, c’est mission impossible pour la majorité des artistes…
Dans les années 80/90, les gens achetaient des disques et comme les artistes rapportaient de l’argent, nous étions chouchoutés. Plus les années passent, plus je vois le déclin de cette industrie. Les plateformes de téléchargement rapportent 0,02 centimes d’euros aux artistes et, à part quelques exceptions, il est difficile de vivre de la musique aujourd’hui. Le plus simple est encore de publier à compte d’auteur ses titres. Ce que j’ai fait avec Cheval Fou. J’ai écrit, composé, enregistré et produit entièrement l’album, sorti en CD et vinyle, animée par ma passion toujours intacte pour la musique, les mots, les « rencontres heureuses ».

Il faut être un « cheval fou », justement, pour se lancer dans une telle aventure (rire)…
Oui ! Cheval fou est  une chanson sur la sexualité, les fantasmes, les rapports dominants-dominés. C’est aussi une métaphore sur l’esprit rebelle qui ne m’a jamais quitté. L’album est un recueil de 10 textes, des méditations poétiques et politiques sur l’état du monde. La chanson « Murmures » par exemple  évoque les murs physiques et psychologiques qui se dressent à nouveau partout. Je suis sidérée de voir les pays qui se replient sur eux-mêmes et ce populisme ambiant qui sépare les individus et fait régresser notre société. Il y a une métaphore sur le mur de Berlin. C’est un texte humaniste qui parle de l’importance de construire et de reconstruire sans cesse des ponts contre les murs.

Il y a dix ans déjà, tu chantais « Je suis un arbre ». L’écologie est toujours au cœur de tes préoccupations ?
Toujours ! Et je trouve que les lobbys continuent de ralentir les actions concrètes pour protéger durablement notre planète. Dans la chanson « Où vont mourir les baleines », je fais un parallèle entre la pollution des océans et le sort des migrants, poissons et individus échouant sur les côtes sans que rien ne soit vraiment fait pour endiguer les problèmes à la source : les conflits ethniques et la misère d’un côté, la surconsommation et la destruction des espèces de l’autre. C’est affligeant. Heureusement, je suis rassurée quand je vois tous ces jeunes qui se mobilisent en faveur de valeurs écologiques et sociétales. J’espère qu’ils arriveront à faire bouger les lignes.

Peux-tu nous parler des invités présents sur ton album ?
Il y a un featuring avec Bertrand Belin dont j’adore la voix. Il a composé la musique et fait les chœurs sur la chanson Où vont mourir les baleines. Je chante également en duo Prière avec la comédienne Anna Mouglalis, qui a notamment interprété le rôle de Juliette Gréco dans le biopic sur Gainsbourg. Je l’ai rencontrée à un concert et nous avons sympathisé. Anna a une voix magnifique et je trouvais qu’elle me répondait parfaitement dans la chanson Prière qui est comme un mantra. Enfin, j’ai collaboré avec mon ami de longue date Arnold Turboust. Il accompagne au piano la chanson Journées nuages qui parle des alternances de journées claires, de foi, de vœux et de journées sombres…

Impossible de ne pas parler de la chanson « Expérience humaine » où tu sembles avoir rassemblé tous les maux, questions, doutes que tu entends régulièrement, en tant que psychothérapeute.
C’est que vrai que mon métier m’amène à observer les êtres et la société avec plus d’acuité que je ne le faisais auparavant comme chanteuse. Les questions que faut-il faire de ces infos / à quel âge faut-il faire un gosse / à quel âge faut-il se quitter / que faut-il faire pour protéger sa part d’enfance… sont en effet celles que j’entends, révélatrices des angoisses et d’une société qui va trop vite, sclérose les gens et les isole de plus en plus. C’est une chanson dure, nerveuse, avec une alarme de police en fond sonore, qui recrée l’atmosphère anxiogène de ce monde qui perd de son humanité. Mais il y a toujours une lumière d’espoir au bout du chemin, en soi ou autour de soi qu’il faut trouver puis faire briller.


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