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Charlotte, la fée Playmobil

Charlotte Schneider a 44 ans et joue encore aux Playmobil ! Cette ancienne juriste, maman de 3 enfants, met en boîte et sous cloche les célèbres figurines dans des décors colorés. Des saynètes amusantes qui plaisent aux petits mais aussi aux grands qui retrouvent leurs souvenirs d’enfance avec ces créations personnalisables à l’infini et pleine de gaieté.

Nous avons rendu visite à Charlotte dans son atelier-boutique situé 2 rue Edmont About, à deux pas de la rue de la Pompe. Avec son playmobil géant en vitrine, impossible de louper l’échoppe !

Comment est née l’idée de mettre en scène les Playmobil ?
J’ai été directrice juridique pendant 15 ans au sein de grands groupes. En congé maternité de mon troisième enfant, j’avais envie créer un cadeau original pour ma fille Joséphine qui avait 4 ans. J’ai imaginé le décor d’un dinner américain avec un tissu rouge imprimé d’étoiles et une figurine Playmobil vendeuse de frites que j’ai mis sous cadre. Lorsque Jo l’a vu, elle m’a dit que c’était « le plus beau cadeau du monde ». Son frère a voulu avoir un tableau aussi et j’ai inventé un autre décor pour lui, toujours avec les Playmobil qui m’inspiraient. Mes sœurs qui travaillent dans l’univers du design ont trouvé l’idée fantastique et m’ont encouragée à continuer. J’ai reçu des premières commandes d’amis puis, grâce aux réseaux sociaux, tout s’est enchaîné.

Pourquoi ce nom « Mobilisation générale » ?
Au début de l’aventure, toute ma famille s’est mobilisée pour me soutenir : un de mes beau-frère a créé le logo, mon autre beau-frère l’enseigne, ma sœur les cartes de visite… Et puis, je mobilise les Playmobil du monde entier !

Justement, d’où viennent tous ces playmobil ? Tu as une collection personnelle ?
Oui ! Je chine et achète des lots de Playmobil de « seconde main ». Les figurines sont vintage : beaucoup datent des années 70 lorsque les Playmobil étaient encore monochromes. Les enfants les coloriaient à l’époque pour leur faire des habits. Cette façon de les personnaliser et de les réinventer est le fil conducteur : à partir d’un personnage, de tissus et de petits accessoires, je peins la figurine et la mets en scène dans un décor. Il y a des cow-boys bien sûr, mais aussi des indiens, des astronautes, des magiciens, des pirates… tout un univers onirique et ludique.

L’entreprise Playmobil porte quel regard sur tes créations ?
Mobilisation Générale a été officiellement lancée lors du Salon Maison & Objet il y a 4 ans. J’ai pris un stand de 6m² pour voir si les créations pouvaient plaire aux professionnels, sans avoir d’autorisation de Playmobil. Le succès a dépassé mes espérances et j’ai vite dépassé la centaine de distributeurs en France et à l’étranger. J’ai alors contacté la maison mère située en Allemagne, pour avoir son accord et j’ai reçu une très belle lettre en retour. Le père de la figurine, Horst Brandstätter, s’est éteint en 2015 à l’âge de 81 ans. Il était très attaché à la figurine et à la fantaisie qu’elle inspire depuis des générations. On m’a donné carte blanche à condition que je continue de respecter la charte éthique de Playmobil : pas de violence ni de politique… C’est un jouet intemporel, sobre, voire asexué, qui parle à l’imaginaire.

Tes créations sont toutes des pièces uniques, faites à la main. Cela doit te demander un travail colossal ?
Oui mais c’est une véritable passion ! Aujourd’hui, je réalise essentiellement des créations personnalisées. Comme ce sont des oeuvres uniques, inventées au gré de l’inspiration, les distributeurs qui les commandent ne savent jamais à l’avance ce qu’ils vont recevoir : quand ils ouvrent leurs cartons, c’est la surprise ! Certains me demandent de travailler autour d’une thématique : j’ai créé, par exemple, pour le Bon Marché une série autour du souk, avec des tissus de Marrakech. Mais jusqu’au dernier moment, l’équipe n’avait pas vu les créations… Les clients particuliers m’envoient une photo de leur petite famille ou d’amis et je crée les personnages Playmobil qui leur ressemble dans un décor, placé ensuite sous cadre vitrine ou sous un globe lumineux pour les veilleuses. C’est un chouette cadeau d’anniversaire. Des mamans parisiennes viennent également à l’atelier pour créer l’univers qui correspond à leurs enfants, avec des poneys, des détails familiers.

Quelles sont tes œuvres préférées ?
J’adore m’amuser avec les figurines qui ont « du vécu » : j’ai réalisé un tableau avec uniquement des Playmobil qui avait été machouillés et coloriés par les tout-petits. Ils sont émouvants. J’aime également les collaborations, comme celle que je viens de faire avec les tissus wax de Créations Epicées.

Ta grande fierté ?
Lors de la préparation du film Playmobil, l’entreprise m’a demandé de créer un cadre qui raconte le spitch du long-métrage. L’objet a voyagé et aujourd’hui, je crois que l’actrice Anya Taylor-Joy l’a toujours…

Tes projets ?
J’organise ma première exposition, du 17 au 21 octobre, à Art Elysée, le rendez-vous de l’art contemporain et du mobilier design. J’y présenterai des pièces inédites et insolites. Je pars aussi à Nuremberg, siège de Playmobil, pour concevoir un nouveau projet qui sera dévoilé en janvier.

Tes adresses préférées dans le seizième ?
Brai, la marque de pyjamas et d’accessoires rigolos créée par Estelle Renard, qui est aussi une amie et ma voisine de boutique !
– La boulangerie Pompadour, pour ses pains et ses viennoiseries à tomber.
Le Relais du Bois, une institution dans le quartier. Tout le monde connaît Lucien !
– La librairie Lamartine, plus qu’une librairie, un lieu de vie.

Mobilisation Générale
2 rue Edmond About
www.mobilisationgenerale.com


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