Balade par quartier : Auteuil La Muette Porte Dauphine Chaillot

Des nouvelles de… Domitille Duforest

Domitille Duforest est la fondatrice de Joyvox, un label musical et éditeur jeunesse qui produit des livres audio et CD pour l’éveil culturel des enfants de 0 à 12 ans. Elle forme aussi avec Amaury un duo qui fait fureur auprès des tout-petits qui connaissent les chansons par cœur (balades, contes, poèmes), et dont les spectacles font salle comble !

Comment vit-elle ce confinement ?

Où es-tu ?
Chez moi, dans le 16ème avec mon amoureux. On a installé un petit home studio pour pouvoir continuer à faire de la musique… Comme nous sommes une famille recomposée, nous avons nos enfants une semaine sur deux, et une de mes filles étudiante est avec nous tout le temps.

Comment occupes-tu tes journées ?
Pour ma casquette d’entrepreneuse de TPE culturelles, je travaille une bonne partie de la journée, en lien avec mon équipe, à gérer la crise économique et à trouver des nouvelles idées et opportunités pour maintenir nos activités d’édition-production, notamment le développement de l’audience digitale pour Joyvox fortement impacté par la fermeture des librairies et des salles de spectacles : deux spectacles jeunes publics montés à partir de nos albums ne peuvent plus tourner. Malgré le blocage du livre dans les entrepôts, nous avons maintenu la sortie en streaming de notre nouveau conte musical L’orage à la maison avec la voix de Mélanie Doutey. J’ai aussi fait un live stream avec quelques-unes des chansons de mes albums « Domitille et Amaury » et certains de nos artistes vont aussi réaliser des vidéos. Via les réseaux sociaux, nous essayons ainsi de maintenir le lien avec les familles qui nous connaissent ou nous découvrent.

Sinon, comme artiste-interprète, j’avais déjà l’habitude de me confiner à la maison pour préparer mes albums, jouer du piano et travailler ma voix. Donc, pour cette partie de mon temps, le contexte actuel ne change pas beaucoup ! En ce moment, pour mon prochain projet, je relis beaucoup de poèmes de la période de l’âge d’or de la poésie française et je trouve que nombre d’entre eux ne prennent pas une ride et font écho pleinement au monde d’aujourd’hui. C’est très inspirant.

Ce que tu ne faisais pas avant (ou peu) et que tu fais à présent?
Je cuisine beaucoup plus et j’ai adapté mon mode de consommation en renforçant la proximité. Je soutiens les commerçants de mon quartier en commandant mes produits sur epicery.com, et je me suis abonnée à Tomato & Co qui me livre toutes les semaines un grand panier familial de légumes et fruits de producteurs d’Ile-de-France.

Je profite aussi de ma plus jeune fille de 12 ans. C’est une super gymnaste et danseuse, et elle me concocte un petit coaching sportif quotidien qui nous fait le plus grand bien !

Ton regard sur le confinement ?
Je suis affectée par la souffrance que je ressens chez nos ainés, chez les personnes les plus fragiles socialement ou physiquement, et ceux qui sont sur le front de cette crise. Je m’interroge sur l’après. Comment faire autrement en se préoccupant davantage du bien commun, social et environnemental ?

Le point positif est que ce temps en retrait avec une vie sociale réduite me permet de prendre du recul, de ranger physiquement et mentalement mon environnement, faire le tri, et revoir mes priorités. C’est très précieux car j’étais, comme beaucoup, dans une course en avant un peu vertigineuse et qui empêche de se poser vraiment. Je me recentre sur les choses simples et les petits bonheurs du quotidien ; comme dit Gentil-Bernard (poète du 18ème siècle) : « Habitons ce petit espace assez grand pour tous nos souhaits, le bonheur tient si peu de place ! »

La première chose que tu feras lorsque le confinement sera levé ?
Je retrouverai ceux qui me sont chers, et en particulier ma fille aînée qui est confinée avec son copain en Bretagne. Après deux mois de vie sociale très virtuelle, la vraie vie en chair et en os sera savoureuse, même si les masques risquent de faire partie de notre quotidien pour un temps encore indéterminé…

Et puis j’airai courir à nouveau, marcher dans la nature, respirer à pleins poumons, pour redire merci à la vie et merci à cette nature si précieuse que nous devons préserver.

Ton état d’esprit face à l’avenir ?
L’ère de l’individualisme me parait de plus en plus incongrue. Il va falloir se serrer les coudes pour rebondir en embarquant le plus de monde possible dans le bateau. C’est ce qui m’anime quand je réfléchis à mes projets. J’espère vraiment que cette crise nous laissera à tous une prise de conscience plus solidaire de notre fragilité et de notre interdépendance au sein cette grande famille qu’est l’humanité et de notre grande maison qu’est la planète terre et dont on doit prendre soin. Et pour remettre le cœur au cœur de tout cela, je vous cite ce vers de Victor-Hugo extrait du poème Quand tu me parles de gloire, du recueil Les rayons et les ombres :

« La prospérité s’envole,
Le pouvoir tombe et s’enfuit
Un peu d’amour qui console
Vaut mieux et fait moins de bruit ».


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