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Des nouvelles de… Grégory Poitier

Chaque jour, Le 16cc prend des nouvelles des habitants, des commerçants et des entrepreneurs de l’arrondissement pour savoir comment ils vont et ce qu’ils font. 

Aujourd’hui, Grégory Poitier, le propriétaire du bistrot Le Petit Rétro, nous raconte son confinement.

Où es-tu ?
A Paris 16ème nord, avec ma famille, non loin de mon restaurant le Petit Rétro.

Comment occupes-tu tes journées ?
Je fais une visite quotidienne au Petit Rétro. Cette maison centenaire a besoin de ne pas être délaissée. J’y passe pour restaurer certains objets mobiliers, arroser les herbes aromatiques plantées début mars, prendre le courrier et parler aux belles âmes qui veillent sur ce vieux bistrot classé mais qui commencent à s’ennuyer…

Tous les jours, la moitié de la journée est dédiée au plan de sauvetage administratif de mon entreprise. L’autre demi-journée est bien-sûr consacrée à réfléchir et à créer une nouvelle offre pour le restaurant : une nouvelle expérience, une nouvelle carte. Puis je produis du contenu sur les réseaux sociaux pour entretenir un lien avec nos amis du Petit Rétro : des playlists inspirées et inspirantes, des idées recettes, des hommages à nos clients habitués et bienveillants avec des photos rigolotes.

Pour écouter la playlist, c’est ici.

Ce que tu ne faisais pas avant (ou peu) et que tu fais à présent?
Chaque matin, je salue le soleil depuis mon balcon, ensuite c’est 15 minutes de méditation, 20 minutes de vélo d’appartement et une lecture quasi exhaustive de mon quotidien Les Echos. Après, je prends la casquette de professeur des écoles pour suivre le travail scolaire de mes enfants. Bien sûr, comme beaucoup, je suis atteint par la « ménagite compulsive » : la batterie de mon aspirateur nomade commence à faiblir !

Ton regard sur le confinement ?
Toutes ces nouvelles habitudes et petits rituels du quotidien me donnent un temps pour moi précieux que je ne savais pas m’offrir jusqu’à maintenant. La prise de conscience du sens de la vie et l’apprivoisement du temps présent occupent mes pensées ; en cette période de pause, je prends aussi des nouvelles d’une personne amie chère différente tous les jours, je m’introspecte sur ma place dans la société, sur ma qualité de « consomm-acteur ». Et j’apprends à être disponible pour les miens. Bref, j’essaie de me bonifier et ce n’est pas superflu pour quelqu’un bourré de défauts comme moi !

Je pense que nous serons tous marqués psychologiquement et j’attends le discours du Président lundi 13 avril. Je crains de ne devoir composer à l’avenir qu’avec des injonctions contradictoires : vivre le moment présent, et en même temps ne plus être insouciant. Prendre conscience de notre fin nous laissera à beaucoup l’empreinte de la gravité. Je ne crois pas à un revival des années folles à posteriori du déconfinement. Nous sommes tous confrontés abruptement au principe de réalité. Avant, j’étais un adepte de l’insouciance. Elle avait ses vertus.

La première chose que tu feras en « sortant » ?
Embrasser mon fils aîné, resté loin de moi, mon père, mes beaux-parents, mon médecin puis… m’allonger dans l’herbe. Et puis me laisser envahir par un accès de folie douce. Pourquoi ne pas plonger dans la Seine, prendre rendez-vous pour le baptême de saut en parachute que m’a offert mon épouse, enfin réserver un billet d’avion pour aller visiter mes amis Casamançais au Sénégal, Justin, Ibrahim, Socrates, mon havre de paix.

Ton état d’esprit face à l’avenir ?
Consommer différemment, vivre chaque jour avec un impératif d’authenticité. Vivre avec une sincérité absolue. Si l’humanité a mis à profit son confinement, nous entrerons peut-être, à la différence des sombres crises de notre histoire, dans une nouvelle ère paradoxalement pacifiée. Cette guerre est planétaire ! La paix devrait donc être planétaire, universelle. Allons-nous enfin célébrer la vie au-delà de toutes nos différences ? Comme précédemment évoqué, je ne crois pas à un temps d’après type années folles, mais beaucoup plus à un revival Peace and Love.


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