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Des nouvelles de… Hélène Devilleneuve

Hélène Devilleneuve est 1er hautbois solo de L’Orchestre Philharmonique de Radio France et professeur au Conservatoire National de Musique de Paris.

Elle nous raconte sa vie de « musicienne confinée ».

Où es-tu ?
Je suis à Paris, dans mon appartement, avenue de Versailles, avec mes deux enfants et mon chat.

Comment occupes-tu tes journées ?
Je joue du hautbois, je fais de la cuisine, je donne des cours à mes élèves du conservatoire, via Skype, Zoom ou Facetime, (je me suis perfectionnée comme nous tous en techniques de communication via internet !). J’envoie beaucoup de textes de partitions scannées et j’écoute leurs retours enregistrés. Communiquer et garder l’échange avec les étudiants est très vivifiant et donne de l’énergie.

J’enregistre également de la musique et fais des vidéos, seule ou avec les amis de mon orchestre, que je poste  sur mon compte facebook ou instagram @helenedevilleneuve. J’aimerais lire (je lis généralement beaucoup) mais je n’y arrive pas. Je fais de la méditation, un peu de sport, j’essaie de ranger, de faire du tri… Je fais aussi de la musique avec ma fille, on discute avec les enfants. Il y a beaucoup de choses que, dans l’idéal, j’aimerais faire mais que je ne fais pas, finalement, ou pas encore… 🙂

Ce que tu ne faisais pas avant (ou peu) et que tu fais à présent ?
Je passe plus de temps sur les réseaux sociaux, je lis ce qui se passe dans le quartier (le site @le16cc m’a fait découvrir des initiatives ainsi que des gens formidables, merci !), je dévoile mon quotidien de musicienne et j’essaye de partager la musique en ce temps particulier même s’il n’y a pas de concerts.

Cela fait réfléchir aussi à l’image que l’on souhaite donner du musicien classique; comment le rendre plus abordable, désacraliser ce moment où le musicien monte sur scène en smoking… Ma raison de vivre est de ressentir et de partager cette émotion,  afin d’embellir la vie des gens, leur donner du bonheur, élever l’âme ; mais en ce moment, c’est compliqué !

Sinon je regarde mes fleurs pousser dans la jardinière de la fenêtre; j’en prends soin, je veille tous les jours sur le jasmin pour savoir quand il va s’ouvrir ! (ça y est, il embaume ! et la lavande à coté,  est en boutons :-))

J’écoute beaucoup plus de musique. Cela me donne un plaisir fou, comme je ne peux pas jouer pour le moment avec les autres, c’est une nourriture incroyable. Je regarde des opéras en streaming ou sur le blog de Christophe Rizoud, j’écoute des concerts sur France Musique.

Pour les courses, ça ne change pas trop car j’allais quasi exclusivement dans le quartier, mais maintenant je commande mes légumes sur www.maisonlenoble.com, chez Maria et Victor (magasin bio avenue de Versailles), je commande des fleurs sur www.fleurdici.fr, (c’est mon cadeau bonheur du confinement), et maintenant les fleuristes du quartier ouvrent peu à peu en drive. J’achète également du thé chez Le Temps du Rêve. Je découvre d’autres commerçants : le monsieur qui fait les masques rue Pierre Guérin, le fromager La Fontaine et son beurre cru à tomber !

Enfin, je prends le soleil le matin (sans sortir) et fais des câlins à mon chat ! Et je prends le temps de réfléchir à la transmission, l’enseignement, comment mieux transmettre cette passion.

Ton regard sur le confinement ?
Le positif réside dans le questionnement : comment prendre soin de soi et de ses proches dans ce temps particulier ? Comment apprivoiser ce temps pour soi, comment construire sa journée ?

Les musiciens sont comme les sportifs : l’entrainement est quotidien, semaine et jour férié. Le confinement ne change pas la donne, de ce côté là. Il offre juste plus de temps pour soi.

Le négatif : ne pas pouvoir aller se balader dans Paris. Les ponts, l’île saint Louis, les couleurs sur les façades me manquent ; ne pas pouvoir aller voir la mer ; ne pas pouvoir aller au restaurant, ni au concert. Mais c’est pour la bonne cause, alors je patiente avec plaisir. Je n’aime pas non plus le climat de peur, d’insécurité, de défiance vis-à-vis des informations contradictoires que nous pouvons recevoir.

La première chose que tu feras lorsque le confinement sera levé ?
J’irai voir mes parents, ma soeur, rejouer avec mes amis musiciens ! Et puis je retrouverai la mer. J’ai un besoin de nature immense. Sentir l’air dans les cheveux, respirer l’air frais, sans masque (enfin ça, ce n’est pas pour tout de suite). Et je remettrai des chaussures à talons !

Ton état d’esprit face à l’avenir ?
Double : je suis à inquiète pour le secteur culturel à la sortie du confinement. Comment vont se passer nos concerts ? Nos répétitions ? Qui pourra venir nous écouter et quand ? Comment jouer avec les mesures de protection ? En même temps, l’être humain ne peut pas vivre sans art, et sans moyens expressifs (voyons comme les italiens nous ont touchés par leurs concerts spontanés sur leurs balcons). Mais je reste optimiste : de nombreuses personnes ont envie d’un monde différent, plus attentif à l’autre, plus humain, plus chaleureux. Etre moins dans le profit mais plus dans la sensibilité. Est-ce-que ce sera possible ? On dit que nous ne pouvons changer que nous-même, pas les autres, et que c’est cette transformation qui changera le monde…


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