Balade par quartier : Auteuil La Muette Porte Dauphine Chaillot

Des nouvelles de… Valérie de Saint-Pierre

Valérie de Saint-Pierre est journaliste à Madame Figaro, co-fondatrice de la newsletter de tendances Le Futiloscope et co-auteur du livre Ze French do it better.

Comment vit-elle ce confinement ? Mal ! 🙂

Où es-tu ?
Je suis confinée avec mon mari et ma fille de 22 ans dans notre appartement de l’Avenue Théophile Gautier. Et je mesure ma chance tous les jours : assignée à résidence avec des êtres chers, faciles à vivre (enfin la plupart du temps -:) dans un grand espace lumineux…

Comment occupes-tu tes journées ?
En fait, j’ai encore pas mal de boulot. Contre toute attente, la presse écrite marche plutôt bien en ce moment. Bosser chez moi est mon ordinaire. De ce point de vue-là, j’ai juste plus de compagnie que d’habitude, notamment à l’heure du déjeuner ! Je tiens donc dorénavant un chouette petit restaurant d’entreprise familial, quand les deux autres confinés assurent plutôt le service du soir. Je fais aussi lavandière, technicienne de surface et autres tâches épanouissantes sur le « genrage » desquelles il y aurait beaucoup à dire, même au sein de couples présumés égalitaires. C’est un vrai sujet du confinement : le retour de la femme au foyer version 1950 ! Les journées sont donc à la fois très pleines (beaucoup de travail, de tâches domestiques variées, de coups de fil, de Skype ou de Zoom familiaux et amicaux) et très vides (cette absence de projets, de départs, de retrouvailles, de perspective…). C’est assez curieux : on ne s’ennuie pas mais qu’est-ce qu’on s’emm… !

Ce que tu ne faisais pas avant (ou peu) et que tu fais à présent?
Du vélo d’appartement ! Je m’étais beaucoup moqué de mon mari quand il a acheté ce gros joujou; depuis, c’est devenu mon meilleur ami (le vélo, j’entends !). Je lis dès que je peux sur mon balcon au soleil. Il donne aujourd’hui sur une avenue d’un calme impressionnant – c’est loin d’être le cas en temps normal -, et je découvre cette extension de notre appartement, quelques mètres carrés de liberté à l’extérieur. Je me balade aussi sans but, pendant ma sortie réglementaire, en glanant des branchages pour faire des bouquets, en écoutant les oiseaux, en comptant les vieilles dames rebelles qui sortent quand même, en m’inventant des histoires sur toutes les bizarreries architecturales du quartier. Le 16ème est un arrondissement merveilleux pour la flânerie. Et la flânerie – dans un rayon d’un kilomètre durant moins d’une heure, j’ai compris Monsieur l’Agent – est un petit luxe bienvenu.

Ton regard sur le confinement ?
Globalement, tout le bla-bla sur ce moment suspendu qui devrait être un grand temps de vie intérieure et les refrains collapsologues sur «  la nature qui reprend ses droits »  et le « Monde d’Après » m’exaspèrent. A part le maniement de plus en plus abouti du balai à pont, je suis au regret d’annoncer que je sortirai de ce confinement sans accomplissement personnel, contrairement à apparemment 100 % des instagrammeuses. Ni méditation ni respiration profonde, ni relecture de Vassili Grossman, donc, rien, nada… En outre, à part faire des dons et appeler quelques vieux oncles et tantes esseulés, je ne me sens pas d’une grande utilité sociale. Je n’aime pas cette période, je n’aime pas le prêchi-prêcha ambiant, je ne suis pas du tout sûre que tout cela, ce confinement même, ait vraiment du sens et je suis juste pétrifiée d’inquiétude face à la catastrophe économique qui se prépare. Donc, pour la zénitude et les apprentissages follement épanouissants, on repassera, je n’ai pas du tout la tête à ça !

La première chose que tu feras lorsque le confinement sera levé ?
J’irai embrasser mes vieux parents et mon frère dans le Nord. Avec mes deux confinés, j’aimerais rejoindre les deux grands enfants (et frères et sœurs) qui sont dans notre maison de vacances et aller prendre un verre avec eux à l’Océan, face au soleil couchant et à l’eau argentée… Et après,  viendra le tour des amis. Ah les amis… comme ils nous manquent et comme on va faire la fête ensemble, en se tombant dans les bras !

Ton état d’esprit face à l’avenir ?
J’ai assez peur de ce que les 2 ou 3 années qui viennent vont réserver aux jeunes, étudiants, nouveaux diplômés, actifs de fraîche date. Et j’ai assez honte dans ma tête de parent de faire partie d’une génération qui les aura mis dans cette situation, en faisant des choix politiques, économiques et sociaux désastreux…  C’est ça, j’ai peur et j’ai honte, j’ai failli, je ne les ai pas protégés et je n’ai pas préparé leur avenir.


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