Balade par quartier : Auteuil La Muette Porte Dauphine Chaillot

Des nouvelles de… Wally Montay

Le 16cc prend des nouvelles des habitants, des commerçants et des entrepreneurs de l’arrondissement pour savoir comment ils vont et ce qu’ils font. 

Aujourd’hui, c’est Wally Montay, la fondatrice du 16ème c’est cool qui raconte son confinement.

Où es-tu ?
A Auteuil. J’habite une résidence où tout le monde se connaît. Entre voisins, on discute d’une fenêtre à l’autre, on prend des nouvelles de chacun, notamment des aînés, on applaudit ensemble à 20h. Le gardien a installé un écriteau dans le hall d’entrée pour mettre en relation les personnes âgées ou en difficulté avec des habitants qui souhaitent les aider pour faire leurs courses ou leur cuisinier des petits plats. Un élan de solidarité s’est créé naturellement et c’est touchant.

Comment occupes-tu tes journées ?
J’essaie de travailler 4 heures par jour (je dis « j’essaie » car, avec le confinement, mes neurones sont raplapla :-)) pour finaliser la rédaction du magazine 16Borough N°4 qui devrait sortir début juin, dans le meilleur des cas… J’écris également « Les 500 adresses du seizième », un guide que je voulais éditer avec l’arrivée des beaux jours. C’est assez étrange d’écrire sur les bars, les restos, les commerces, les lieux de vie de l’arrondissement quand tout est fermé. Parfois, je me dis que les entreprises dont je parle auront peut-être, entre temps, disparues, obligées de déposer le bilan, et cela m’attriste. Mais je tente de ne pas trop y penser dans l’immédiat…

Pour me changer les idées, je lis les bouquins achetés au cours des derniers mois et que je n’avais pas encore eu le temps de lire, je regarde les dessins de Petites Luxures, mon compte insta préféré, et les vidéos d’humoristes dont les parodies liées au confinement me font rire. J’adore Sandrine Sarroche et ses chansons détournées qu’elle enregistre de chez elle en ce moment; Julie Collas, une parisienne politiquement incorrecte qui m’amuse beaucoup. Elie Seimoun et Franck Dubosc bien sûr (Ah Janine…). J’ai aussi découvert il y a peu Mélissa et Fred, un duo toulousain dont les sketchs sur la vie d’une « famille parfaite en confinement » ou « les devoirs des enfants en confinement » sont hilarants !

Ce que tu ne faisais pas avant (ou peu) et que tu fais à présent ?
Je bulle : je profite de ce temps suspendu pour écouter les oiseaux gazouiller, contempler le ciel, respirer l’air printanier sur le balcon et rêvasser sans culpabiliser. Je regarde des films en plein milieu d’après-midi (ce qui ne m’arrivait jamais avant), je fabrique mon propre pain 🙂 et je fais une chose que je n’aurais jamais imaginé faire un jour : j’apprends à créer des masques de protection en suivant des tutos ! (rire). Mon préféré est celui de Lucile, la fondatrice de L/overs, qui donne une astuce pour réaliser un masque en une minute, avec un bout de tissu et deux élastiques.

Ton regard sur le confinement ?
J’essaie de me focaliser sur le positif : le mouvement de solidarité envers les personnels soignants qui, je l’espère, continuera après. Cela fait des années que le milieu hospitalier tire la sonnette d’alarme sur son manque de moyens, matériel et humain. Il aura fallu cette pandémie pour que l’on réalise enfin l’importance de leurs besoins, à tous les niveaux.

Autre point positif : la baisse de la pollution atmosphérique. Comme les déplacements sur terre et en mer ont été fortement réduits, la nature réinvestit l’espace. J’adore voir les images des canards qui se baladent dans les rues parisiennes, des dauphins et des rorquals qui s’éclatent dans les eaux du littoral marseillais…. J’aimerais tellement que l’on en tire les leçons : en ralentissant le rythme frénétique de notre société de consommation, on peut retrouver une cohabitation saine avec la nature, préserver réellement notre environnement.

La première chose que tu feras en « sortant » ?
J’irai embrasser mes parents, ma sœur, mon neveu, mes amis et serrer fort ma filleule Louna qui va bientôt fêter son anniversaire, ses « 19 ans en confinement ». J’ai hâte aussi de retrouver l’ambiance des terrasses, des bistrots, de voir les rideaux de fer des boutiques se lever et tous les commerces ré-ouvrir.

Ton état d’esprit face à l’avenir ?
A la fois inquiet et confiant. Ma petite entreprise a tout juste un an et fait partie des plus fragiles. On ne sait pas si l’économie reprendra vraiment. Il faudra sans doute des mois pour se relever. Dans l’immédiat, je poursuis mon activité comme je peux car je ne suis pas toute seule dans le bateau. Je fais travailler des indépendants (graphistes, illustrateurs, photographes…), des entreprises (imprimeurs, papeteries, sérigraphes…) basées dans le quartier ou en France (mon imprimeur est dans l’Oise, mon fabricant de tee-shirt est à Montpellier). Nous devons plus que jamais être solidaires, acheter local, soutenir les petits commerces et veiller, en tant qu’entrepreneur, à maintenir notre activité car sinon, cela impactera par ricochet l’activité de toutes les entreprises qui nous entourent. Ce n’est pas facile tous les jours mais je suis certaine que nous sortirons grandis de cette épreuve.


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